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Présentation de la Programmation Pluriannuelle de l’énergie (PPE) de Guadeloupe révisée

Les acteurs de la transition énergétique se sont réunis ce vendredi 3 mai dans l’hémicycle de l’Hôtel de région à Basse-Terre pour prendre connaissance du projet de PPE révisée pour la période 2019-2028.

Prévue par la loi de transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015, la première PPE de Guadeloupe, dont l’élaboration a démarré courant 2015, a été adoptée en avril 2017. Les textes prévoyaient sa révision dès 2018. Portée conjointement par l’état et la région, le projet de PPE révisée, présentée ce vendredi matin, repose sur une large concertation des acteurs guadeloupéens de l’énergie.

Evaluer pour ajuster la trajectoire

La révision de la PPE permet de faire le point sur les progrès accomplis, de vérifier les scénarios prospectifs et de débattre des objectifs à fixer pour accélérer la transition énergétique. Elle doit permettre de répondre aux nouveaux enjeux qui se profilent, notamment :

  • La concrétisation de la transition dans les transports et la mobilité,
  • La poursuite des actions engagées de maîtrise de la demande d’énergie,
  • La transformation de notre mix énergétique au profit des sources renouvelables et décarbonées,
  • Le déploiement du véhicule électrique,
  • Le développement du stockage d’énergie,
  • L’émergence des réseaux intelligents.

Certains résultats sont déjà au rendez-vous avec une consommation d’électricité désormais maîtrisée et des énergies renouvelables (EnR) en très nette progression. Ces dernières représentent 21% du mix de production électrique en 2018.

Renforcer les objectifs de la PPE

Dans la continuité de la première version, la PPE révisée repose sur une stratégie ambitieuse mais réaliste. Ses principaux objectifs sont :

  • D’ici 2020 : viser 50% d’énergies renouvelables dans les consommations finales d’énergie (tous secteurs, hors aérien, et toutes énergies),
  • D’ici 2028 :
    • Réduire de -16% l’ensemble des consommations finales d’énergie (hors aérien),
    • Baisser de -32% les seules consommations finales des transports routiers fonctionnant aux carburants fossiles,
    • Installer +516 MW de moyens de production supplémentaires (x5 par rapport à 2015) d’électricité fonctionnant à partir de sources renouvelables,
  • D’ici 2030 :
    • Tendre vers l’autonomie énergétique qui consiste à valoriser en priorité toutes les ressources énergétiques locales de la Guadeloupe,
    • Convertir 30% du parc de véhicules en circulation à l’électricité, issue en priorité et en majorité de sources renouvelables.

Cette nouvelle dynamique, unique parmi les territoires d’outre-mer, devrait permettre à la Guadeloupe de produire 84% de son électricité à partir de sources renouvelables dès 2023 et 98% en 2028.

Accompagner la transition énergétique

De plus, la PPE révisée anticipe  les enjeux environnementaux, économiques, sociaux et culturels qui doivent être abordés pour garantir son appropriation et sa mise en œuvre par tous les guadeloupéens et les guadeloupéennes.

Enfin, cette révolution profonde met la Guadeloupe sur la trajectoire de la transition énergétique. Elle l’inscrit pleinement dans la prise en charge des objectifs de lutte contre le changement climatique visés par les Accords de Paris de 2015 (réchauffement contenu bien en dessous de +2°C d’ici 2100).

Consultez ci-dessous le support de la présentation faite en plénière.

 

Page mise à jour le 03/05/19.

La Guadeloupe se dote d’une installation PV innovante à Sainte-Rose, développée par Albioma Energipole Solaire

Une nouvelle installation photovoltaïque d’une puissance de 3,3 MWc est actuellement en cours de construction dans l’enceinte du centre de traitement et de valorisation de déchets de l’Espérance à Sainte-Rose.

Cette opération, portée par la société Albioma Energipole Solaire, s’inscrit dans le cadre du projet « Territoire à Energie Positive pour la Croissance Verte (TEPCV) » pour lequel la Communauté́ d’Agglomération du Nord Basse-Terre a été déclarée lauréate.

La mise en production de la centrale est prévue d’ici fin avril 2019.

Associée à un dispositif de stockage d’énergie Lithium-Ion d’une capacité de 3,3 MWh, elle permettra la production de 4530 MWh, correspondant à la consommation annuelle de 1800 ménages guadeloupéens.

En verdissant la consommation électrique de 4200 habitants, ce sont près de 3 850 tonnes de CO2 de moins qui seront rejetés annuellement dans l’atmosphère.

L’arrivée de ce nouveau moyen de production photovoltaïque, la présence d’une centrale de 2 MW, alimentée par du biogaz issu de la fermentation des matières organiques sur le site de l’Espérance et la récente inauguration du parc éolien de 16MW de Sainte Rose constituent un joli bouquet énergétique pour notre territoire, et participent ainsi à la dynamique de la transition énergétique de la Guadeloupe.

 

Délibérations de la CRE relatives au développement du stockage et à l’usage de la biomasse en Guadeloupe

Début octobre et mi-novembre 2018, la CRE a publié deux délibérations contribuant à l’atteinte des objectifs de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) de Guadeloupe : l’une relative au développement du stockage d’électricité et l’autre au développement de l’usage de la biomasse dans la centrale du Moule.

 

Stockage centralisé d’électricité

Dans les Zones Non Interconnectées (ZNI) à un autre réseau électrique, comme c’est le cas de la Guadeloupe, stocker de l’électricité permet de gérer l’intermittence de la production issue des énergies renouvelables (photovoltaïque et éolien notamment) pour mieux l’insérer dans le système. Le stockage fournit une réserve de puissance utile au réglage de la fréquence (qui permet la circulation du courant alternatif fourni par différents générateurs) et contribue, en restituant de l’énergie, à couvrir la pointe de consommation (19h-23h en moyenne).

La CRE a organisé en mars 2017 un premier appel d’offres stockage, appelé « guichet », portant sur l’ensemble des ZNI. Sur 46 projets instruits, 11 ont été retenus pour une puissance cumulée de 50 MW. Eu égard à l’évolution de son mix énergétique et de ses besoins en électricité, la Guadeloupe obtient 7 MW de puissance répartie sur 3 projets.

Le financement de l’ensemble des 11 projets représente un coût complet sur leur durée de vie de l’ordre de 80 M€ financés par la Contribution au Service Public de l’Energie (CSPE). Dans le même temps, les surcoûts évités par ces projets s’élèvent à 450 M€, soit une économie de 370 M€ sur les 25 ans à venir.

La délibération n°2018-207 du 4 octobre 2018, détaille les projets retenus en Guadeloupe qui iront s’installer dans les communes de Saint-François (2 x 1 MW) et de Baie-Mahault (1 x 5 MW).

La CRE prévoit d’organiser un guichet stockage ZNI sur un rythme annuel qui tiendra compte des objectifs des PPE des territoires.

Consultez la délibération relative au stockage 2018-207 de la CRE.

 

Conversion de la centrale du Moule du charbon à la biomasse

La CRE a relevé lors de son passage en Guadeloupe[1] le risque important sur la CSPE que constituait le montant des investissements à réaliser sur la centrale charbon du Moule (34 MW pour 260 GWh de production) pour la mettre à niveau des exigences introduites par la Directive Européenne 2010/75/UE du 24 novembre 2010 relative aux émission industrielles, dite directive « IED », et applicables aux ZNI à compter du 1er janvier 2020.

Pour éviter d’avoir à financer des investissements rapidement rendus obsolètes par le calendrier de conversion du charbon à la biomasse initialement envisagé par l’exploitant et retenu dans la PPE 2016-2023, la CRE lui a demandé d’étudier les conditions d’une conversion anticipée à la biomasse.

Les éléments transmis par l’exploitant dans sa saisine du 24 août 2018 à la CRE ont permis de conclure favorablement, dans sa délibération n°2018-226 du 8 novembre 2018, aux propositions technico-économiques permettant d‘accélérer la conversion du charbon vers la biomasse.

Ces dispositions permettent d’éviter à la CSPE de supporter les coûts de mise aux normes IED mais également de maîtriser l’évolution à la hausse des surcoûts de production, toujours supportés par la CSPE, induits par la poursuite d’un fonctionnement au charbon (économie de taxe carbone).

Concrètement, cette décision permettra d’accélérer l’atteinte des objectifs de la première PPE à 2023 sur le volet biomasse, de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 265 000 teCO2 par an soit une baisse de 87% par rapport au fonctionnement actuel au charbon.

Les travaux en cours de révision de la PPE de Guadeloupe à horizon 2028 ainsi que le Schéma Régional Biomasse (SRB) en cours d’adoption veilleront à maximiser la part de biomasse issue des filières de production locale dans les consommations de la centrale du Moule.

 

Consultez la délibération relative à la conversion à la biomasse n°2018-226 de la CRE.

 

Retrouvez toutes ces informations sur le site internet de la CRE : www.cre.fr

 

[1] Rapport de mission de la CRE en Guadeloupe, Juin 2018.