Politique énergétique en région Guadeloupe

Photovoltaïque

La production d’énergie photovoltaïque en Guadeloupe

 

Le saviez-vous ?

L’énergie radiative du soleil est valorisée de longue date en Guadeloupe, territoire précurseur dans ce domaine et qui dispose d’un fort potentiel lié au gisement solaire.
Lorsque l’on parle de photovoltaïque, on évoque une énergie renouvelable dite « intermittente » comme l’éolien par opposition à la géothermie fournissant une puissance garantie.

Le parc existant 

La Guadeloupe dispose actuellement du plus grand parc photovoltaïque installé des Antilles et de l’expérience d’entreprises implantées localement depuis plus de 30 ans. 

Fin 2014, 66,9 MW de photovoltaïque sont raccordés au réseau. La filière a connu une croissance exceptionnelle depuis 2006 : En 6 ans, plus de 60 MW ont été installés. Bien que la puissance installée n’ait pas évoluée de façon significative depuis 2012, on observe en 2015, une augmentation de la production d’énergie de 1,1%  par rapport à 2012 et une diminution de 1,2% par rapport à 2014.  Les différents types d’installations photovoltaïques sont représentés : des installations en toiture de quelques kW, aux installations au sol de plusieurs MW.

Les évolutions de la filière photovoltaïque sur les dernières années mettent en évidence le rôle majeur joué par la revalorisation des tarifs d’achats en 2006. Si jusque-là l’essentiel des installations photovoltaïques étaient réalisé en sites isolés, cette politique a permis le décollage du marché des installations raccordées au réseau.

 


Le graphique ci-après illustre cette forte croissance du parc, alors que seuls 5MW photovoltaïque étaient installés fin 2008. 

Parc Photovoltaique_graphique2 Production d’électricité à partir d’énergie solaire photovoltaïque depuis 2005 (Source : EDF-Publication OREC: Les chiffres clés de l’énergie en Guadeloupe-Bilan 2015)

L’essor rapide de la filière photovoltaïque et l’explosion en 2008 du nombre de projets en file d’attente ont été stoppés brutalement par la décision au niveau national de réduire les tarifs d’achat. Jusque-là les projets pouvaient bénéficier de conditions économiques particulièrement attractives, mais le développement de la filière PV a depuis été remis en question. La file d’attente de raccordement ne compte plus désormais que 23MW pour 576 projets à fin septembre 2012, contre plus de 160MW courant 2009.

Avec seulement 5,8% de l’électricité produite en 2015, la production photovoltaïque représente une part relativement faible du mix guadeloupéen. Ce constat s’explique essentiellement par le faible nombre d’heures de fonctionnement de ce type d’installation (productible annuel d’environ 1 400 heures à comparer par exemple aux 7 500 heures par an de la géothermie).

 

Atouts et contraintes de la filière

La situation privilégiée de la Guadeloupe, qui présente des conditions climatiques particulièrement favorables avec environ 1 400 heures d’ensoleillement annuel, constitue un atout majeur pour la production solaire photovoltaïque.

L’impulsion donnée par les pouvoirs publics à travers une forte politique de soutien (aides des programmes européens, puis tarifs d’achat) a contribué au formidable essor qu’a connu la filière photovoltaïque à partir de 2006. Les entreprises guadeloupéennes ont su se saisir de cette opportunité et se positionner sur un marché rendu très attractif.

Le développement de la filière photovoltaïque répond ainsi à des enjeux stratégiques forts en matière d’énergie pour le territoire, à savoir :

• La valorisation d’une ressource renouvelable contribuant à l’autonomie énergétique de la Guadeloupe ;
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 La contribution de la Guadeloupe à l’atteinte de ses objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Cependant, aujourd’hui la filière photovoltaïque doit faire face à plusieurs contraintes :
• 
Le photovoltaïque produit de l’électricité de manière fatale et aléatoire c’est-à dire que sa production n’est pas garantie et dépend des aléas climatiques. Ces caractéristiques constituent une réelle contrainte de stabilité pour les réseaux de petite taille comme celui de la Guadeloupe (puissance maximale appelée en pointe de 260 MW).

• La limite de l’intégration des énergies intermittentes sur le réseau est désormais atteinte en Guadeloupe et constitue le principal frein au développement du photovoltaïque. Par ailleurs, pour poursuivre son essor, la filière photovoltaïque se tourne actuellement vers des dispositifs innovants permettant de s’affranchir du caractère intermittent de la ressource. C’est dans cette perspective que les systèmes de gestion et les techniques de stockage visant à favoriser l’autoconsommation sont développés (projets smart grids notamment).

• Les fortes contraintes de raccordement liées à l’état actuel du réseau électrique sont un facteur limitant pour le développement de nouveaux projets. La problématique de l’intégration des énergies renouvelables en garantissant la stabilité du réseau est abordée dans le cadre du schéma régional de raccordement des énergies renouvelables, actuellement en cours d’élaboration.